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Il y a déjà 7 ans... que l'on enterrait Bakou...! On pense à toi Bakou, à ton rire, à tes conneries, à tes errances, à ton amitié exigeante, à ton intelligence, à ta terrible lucidité. On pense à tout ce temps passé à tes côtés à ironiser, à railler, à rire, à se tenir les côtes... On pense à nos années étudiantes, au commerce du livre, à la politique, aux courses, à l'alcool... On pense à cette fulgurante traînée de vie qui a frayé avec toutes les hautes pressions, avec tous les défis...

Michel R.
"l'oppositionnel le plus rapide au nord du périphérique"
25 juillet 2010

 

Le temps passe Bakou, depuis qu'on a laissé la terre t'ensevelir et tes copains pleurer et regretter ta disparition qui a laissé beaucoup de types un peu orphelins... Je ne ne sais pas si tu nous entends, mais on pense à toi... à ton extraordinaire vitalisme, à ce que tu nous as apporté, à  la manière que tu avais de nous remettre en cause, à nous empêcher de nous satisfaire de nous à peu de frais... à ton exigence d'intelligence et d'auto-lucidité... Tu étais trop intraitable avec la vérité pour qu'on se satifasse de nos vies actuelles... Tu nous as précédé dans la certitude... mais on arrive...

Michel R.
31 mars 2012

 

Bakou… Neuf ans… ! Nous t’avons veillé dans cette salle mortuaire d'un hôpital parisien, ce 25 juillet 2003. Il y avait quelque chose d’inconcevable. Ton Verbe s’était tu. Nous étions gênés de nous éterniser dans la vie quand tu la révélais si intensément, même avec ta part de douleur immensément pudique. Si l’un d’entre nous voulait te fait part d’un déboire ou d’un chagrin, tu refusais de t’apitoyer et même de nous écouter. Il fallait rire de tout. Le rire comme ressort contre toute adversité.

Puis le cimetière de Pantin, un coin de cette banlieue assez triste. Tu préférais Paris ou Saint-Mandé… Mais de toute façon, ton esprit n’a jamais été otage d’aucune géographie.

À la demande de ta mère, Gérard a fait ton éloge. Une fois encore, nous nous sentions petits face à la fulguration de ta vie, à ton insolence devant toutes les médiocrités avec lesquelles nous devions parfois composer plus ou moins honteusement.

Des fleurs jetées, des recueillements, des embrassades, quelques pelletées de terre. Et nous sommes allés boire au bistrot en bas de la rue. En riant parce que c’est ce que tu aurais demandé.

Michel R.
25 juillet 2012